Aujourd'hui quand on pense voyage vert on pense écotourisme. Et pourtant! Voici une liste des clichés liés à l'écovoyageur.

Combien d’entre nous sacrifierait le confort ou le luxe pour être un voyageur vert ? Personnellement j’aime bien le luxe de temps en temps voire souvent (et oui je suis une vraie princesse comme dirait Denis). Seulement lors de nos recherches sur les destinations vertes, nous nous sommes sommes aperçus que 70% des lieux de vacances dits « verts »  sont tout sauf luxueux, parmi eux, un grand nombre d’auberges de jeunesse , de séjour chez l’habitant ou encore d’endroits dont nul n’a entendu parlé au milieu de nulle part. Le voyageur vert est un voyageur se fichant un peu de son confort et partant en vacances dans des communautés ou il aidera les locaux à planter leurs légumes, ou ira par choix aider à ramasser les ordures sur la plage.

Les stéréotypes du voyageur écolo

Avant que je ne m’attire les foudres des lecteurs, je tiens à dire que j’ai déjà moi-même voyagé de cette façon et j’apprécie de faire ce genre de voyage une fois de temps en temps. Mais n’ayant qu’une vingtaine de jours de congés annuels à rentabiliser, nous n’avons que peu de temps pour faire un peu de farniente et nous laisser chouchouter. Je tiens donc à avoir un peu de confort durant au moins une partie de mes vacances malheureusement je peux rarement combiner des vacances type « vertes »  et des vacances dans des endroits type « confort ». Quand je parle à mon entourage de vacances vertes – faites le test de votre coté – on me regarde de manière un peu louche ; «tu vas donc camper ? »  « Oh tu pars en vacances en bus ? »  Ou encore  « oh donc tu fais un voyage sac à dos ? ».  Il semble donc  qu’il n’y ait que les backpackers qui soient écolos. Il apparait comme peu évident de choisir un resort luxueux et d’être aussi impliqué dans les causes environnementales et vouloir réduire  son impact environnemental. Il semble qu’être un voyageur « vert »  est synonyme de voyageur nomade, avec son sac à dos commerce équitable et ses espadrilles 100% coton recyclé, faisant de l’autostop ou voyageant en bus – ou même marchant ou pédalant pour les plus aventureux, et dormant soit chez l’habitant, soit dans des auberges de jeunesse  ou bien dans des yourtes.  Bon certes, je schématise un peu – beaucoup ? – mais si l’on regarde bien, le terme de green traveling ou voyage vert ne semble adapté qu’à un certain type de voyageur.

Cliché 1: « Ben moi je voyage vert, donc je ne reste pas dans ces grosses chaines d’hôtels, de toute façon je préfère le contact humain (c.-à-d. souvent dormir sur un tapis) »

Oui, certes, j’aime le contact humain aussi et je dois avouer que rester chez l’habitant donne une certaine dimension à vos séjours sur beaucoup de niveaux. Mais qui n’aime pas le confort  d’un hôtel  de temps en temps ? J’ai cherché les quelques resorts ou hôtels luxueux possédant un label « vert ». Eh bien, il y en a mais cela reste assez peu au final, ou du moins il y a peu de resorts qui paient pour obtenir ce label alors que ce sont ceux qui possèderaient a priori le plus de moyens de l’obtenir. La question se pose donc ; est-ce un problème de demande ou d’offre ?  Combien de voyageurs cherchent à voyager vert ? Et combien de voyageurs choisissent un hôtel sur leur politique verte ou durable ? Je suis la première à me sentir concernée par les problèmes environnementaux, mais je dois dire que les moteurs de recherches type trip advisor ou expedia, booking.com etc., ne mettent pas vraiment en avant les hébergements verts et surtout, aucun site ne met en avant encore une notation verte jointe à une notation normale pour les hôtels ou autres hébergements de vacances. Somme toute, il faut que je fasse un choix entre voyager vert et voyager dans un endroit qui convient à mes attentes (service, nourriture, literie etc.).

Cliché 2: « Et oui, je suis écolo, donc je ne prends pas l’avion, je préfère le train ou le bus »

Et c’est vrai, l’avion est un des pires ennemis de l’écolo. L’aviation représente 2% de la production humaine de CO2… Donc ça se comprend. Mais personnellement, je n’ai pas vraiment l’opportunité de prendre le train/bus pour me rendre en Asie par exemple alorsque je suis à Amsterdam. Il me faudrait déjà 1 mois pour y arriver ! La bonne nouvelle c’est qu’Airbus et Boeing consacre 80 % de leur budget R&D à la recherche sur l’éco-efficacité de leurs appareils. Ils espèrent ainsi produire des avions moins polluants. Les plus récents appareils tels que l’A350 (2014) ou encore le 787 Dreamliner (2011) sont les avions les plus écolos dans leur genre. Donc somme toute si vous voulez voyager plus vert, a défaut de pouvoir faire le voyage à vélo ou en train, privilégiez les appareils les plus récents ! Si vous pouvez, prenez des vols directs et des transports alternatifs évidemment, c.-à-d. si vous faites un tour du monde sur une longue période, maximisez vos transports par voie terrestre mais si vous ne pouvez pas comme moi, passer plus de temps dans les transports, qu’en vacances, et bien renseignez-vous sur les compagnies aériennes les plus vertes et essayez de choisir vos vols en fonctions des modèles d’avion.

Cliché 3: « Et puis après tout, puisque je suis écolo, je mangerai que dans les petits bouisbouis du coin et dans des endroits organiques »

Enfin un autre aspect du voyage vert ; les restaurants et tout autre endroit servant à se sustenter. Les éco-voyageurs privilégieront la  street-food ou se renseigneront en ligne pour connaitre les quelques endroits « organiques » qui peuvent se trouver à leurs environs. Mais là je pense…mmmm… non.  Encore une fois, comment être sure des pratiques de ce restaurant bien que bio ou organique soient vertes? Comment faire dans un pays ne présentant que 1 ou 2 endroits de ce genre ? Et puis franchement, j’aime bien la street food, mais quand je vois les conditions dans lesquelles sont gardés les poissons par exemple ou la viande, je me pose la question de savoir si j’ai 4 jours à perdre de mes vacances à être malade et pour parler écologie, bien je pense qu’on en est loin. Les petits restaurateurs sont souvent ceux qui achètent au moins cher et donc se fichent de l’origine ou de la façon dont ils recyclent. Certes ils éviteront le gaspillage et la perte, mais ils n’auront pas vraiment de processus mis en place pour minimiser ces pertes. Et malgré mes recherches sur le sujet, je n’ai trouvé que très très peu de restaurants à pratiques vertes. J’ai appris qu’un des rares labels existant était le label Sassi – South African Sustainable Seafood Initiative – qui permet aux consommateurs de savoir si leurs fruits de mer et poissons font partie d’un programme de pêche durable.  A part ça, très peu de labels existent et pire encore, les restaurants ne sont pas tenus d’afficher l’origine de leur produits dans les menus ou nulle part ailleurs. De plus, il n’existe pas encore de politique de déchets ou de gaspillage. Cela reste dépendant de la politique du restaurant. Il y a donc un vrai flou sur ce que contiennent nos assiettes et ce qui se passe en cuisine.

Ainsi malgré de nombreuses initiatives dans chacun des domaines, aucune approche globalisée ou standardisée ne permet de réellement voyager vert. Le domaine hôtelier semble le plus avancé en terme de développement durable, mais il reste de très gros défis en perspective avant que le tourisme vert ne prenne vraiment racine dans les pratiques courantes .