Les 10 compagnies aériennes les plus écolos au monde ne sont pas celles que l'on soupçonnerait!

Nous savons que les avions fonctionnent grâce aux énergies fossiles et plus précisément au kérosène. Il faut savoir que le kérosène a été utilisé dès le début du 20eme siècle pour remplacer l’huile de baleine servant à chauffer les maisons et à cuisiner. Il reste encore très utilisé dans les pays en développement comme le Pakistan où des d’empoisonnement involontaires  ont été reportés. Mais le principal souci avec le kérosène, c’est le HAP ou plutôt les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques. Ah oui, elle a un joli nom cette catégorie de molécules mais elle est très toxique. Le kérosène lui-même n’en contient que très peu, mais la combustion de celui-ci libère outre le CO2 et autres gaz sympathiques tels que les hydrocarbures insaturés (à effet cancérogène et mutagène) ce fameux HAP sous forme de particules fines. Ce composé peut provoquer à long terme des cancers de la peau ou des problèmes pulmonaires. Du coup, après avoir lu tout ça, je me suis demandé quel était le réel impact de l’industrie aéronautique sur la libération de toutes ces petites molécules  dans notre air. Et puis je voulais savoir quelle compagnie aérienne essayait d’optimiser au mieux son usage de kérosène et pouvait se prétendre être la plus « verte » (autant qu’il se peut avant de trouver une solution de remplacement au kérosène.

Il faut d’abord savoir que l’industrie aéronautique représente environ 2 à 3% des émissions de gaz à effet de serre, ce qui semble peu mais il faut aussi savoir que le trafic aérien ne cesse d’augmenter et que l’industrie aéronautique est la seule n’étant soumise à aucune règlementation internationale, européenne oui, mais pas globalisée! Mais il y a de l’espoir puisque les compagnies aériennes elles-mêmes proposent de diminuer leur impact écologique en renouvelant leur flotte avec des avions plus récents et moins gourmands et de réduire les émissions de CO2 par passager, comme Air-France/KLM.

Juste une petite actualité récente en ce qui concerne la COP 21 : il avait été proposé que l’industrie aéronautique soit soumise elle aussi a des règlementations afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre et pouvoir atteindre l’objectif de réduction des émissions de plus de 20%. Or il a été décidé que ce ne serait pas le cas du fait que cela ne serait pas assez profitable à l’industrie étant clé pour le développement local et régional. Sérieusement ?

Alors voici une liste faite par Brighter Report,  non exhaustives des compagnies aériennes référencées comme étant les plus vertes globalement basée sur différents critères : les avions eux-mêmes sachant que les plus récents consomment bien moins que ceux d’il y a 10 ou 20 ans, le nombre de passagers à bord, le nombre de sièges total (c.-à-d. la densité des sièges), les distances de vols (car le décollage et l’atterrissage consomme bien plus de carburant que le vol lui-même), et le freight share »  c.-à-d. quand les avions transportent aussi des changements autres que les bagages des passagers (courriers, colis, etc.)

1. Ryan Air - le vainqueur inattendu

Leurs avions sont toujours pleins, et la densité des sièges assez importante (qui ne se sent pas à l’étroit dans un vol de Ryan Air ?). Le poids des appareils est ainsi plutôt faible comparé à celui des vols avec KLM par exemple car Ryan Air étant une low-cost a une politique très stricte sur le poids des bagages. Enfin, ils utilisent des appareils relativement récents comme les Airbus A319. 

2. Cathay Pacific - le transporteur

Personnellement, je pense qu’ils auraient dû être premier du classement. Ils ne sont pas low-costs et font des long-courriers. Cette compagnie aérienne hongkongaise possède la flotte aérienne la plus récente du groupe ce qui a un impact direct sur les émissions de ses appareils. La densité des sièges est aussi optimisée et la Cathay Pacific procède a dû « «freight share »  de façon très active puisque 30% de la soute est occupée par des cargaisons annexes. 

3. Easy Jet - l'optimiseur

Tout comme Ryan Air, EasyJet optimise ses coûts et donc son carburant ; politique bagages, avions pleins et densité de sièges plus importante que dans les compagnies aériennes classiques. Leur flotte reste cependant moins récente que celle de Cathay ou Ryan Air ce qui explique son placement en 3ème position.

4. Continental Airlines - le bon manager

Continental parvient à la 4eme place, non pas du fait de leur politique de développement durable, mais simplement car leurs vols sont très souvent pleins sur de longues distances sans escales. Ils font aussi un peu de « freight share » mais leur flotte n’est ni la plus récente et leur densité de sièges passagers est relativement normale.  Globalement, ils sont donc meilleurs que d’autres dans la gestion de leur carburant et du remplissage de leurs avions.  Ayant fusionné avec United Airlines en 2012, on peut donc considérer qu’ils sont environ à égalité.

5. United Airlines - le pionnier

United Airlines a récemment changé une partie de sa flotte pour des appareils plus récents et donc plus écologiques. Pour le reste, ils sont à peu près similaires a Continental a part qu’ils sont un peu moins efficaces sur le « freight share »  et sur le remplissage de leur avions.  Lancé en 2013, le programme Eco-Skyes de United Airlines présente les diverses stratégies de la compagnie pour réduire les émissions de CO2, incluant la recherche de carburants alternatifs, le développement de partenariat et de sponsoring (par exemple 50,000 dollars sont attribués chaque année a des ONG environnementales) et la mise en place de services tels que Brandwagon (permettant aux voyageurs de se connecter afin de partager un taxi pour se rendre à l’aéroport). Je dois avouer que j’ai été surprise de lire qu’ils avaient commencé à utiliser du biocarburant en 2015. Il planifie même de diminuer de 50 % les émissions de CO2 grâce à ce carburant nommé AltAir.[/toggle]

6. Jetblue - le joueur efficace

Une autre low-cost américaine, plutôt régionale mais possédant une flotte relativement récente, procédant a des vols sur des distances optimisées et faisant un peu de « freight share ». A titre comparatif, quelqu’un volant avec Quantas entre New York et Los Angeles, aura une empreinte carbone 3 fois importante que quelqu’un volant avec Jet Blue. 

7. KLM - les suiveurs

Avec une flotte d’avions relativement anciens et des vols pas toujours pleins, KLM n’arrive qu’en 7eme position de ce classement. Mais le bon point est que le groupe Air-France – KLM investit pas mal dans la R&D et Air France a promis de réduire les émissions de CO2 de 500,000 tonnes d’ici à 2020 (Plan Weight & fuel) ce qui correspondrait à environ 10% de ses émissions totales (environ 5, 000,000 de tonnes annuellement).

8. American Airlines - Loin du triple A

En moyenne, American Airlines fait mieux que beaucoup d’autres mais n’est pas le meilleur élève de la classe. Les avons sont relativement récents (autant que ceux de Jet Blue par exemple) mais sur tous les autres critères, AA pourrait faire mieux. Ils ont récemment fait un partenariat avec l’aéroport de Dallas pour réduire leur empreinte carbone.

9. Delta - le mauvais élève

La compagnie aérienne est loin d’être excellente en ce qui concerne l’empreinte carbone de ses passagers. Et même son site ne communique que très peu à propos de développement responsable et durable.  Je suppose que cela n’est pas encore une priorité pour eux.

10. Alaska Airlines - l'outsider qui en veut

Alaska Airlines est assez transparent sur ses activités et ses émissions carbone. On trouve tous les rapports sur leur site. Bien qu’à la fin du classement, je veux souligner l’initiative. Il faut savoir que le classement date de 2011, et à la suite de celui-ci,  Alaska Airlines a décidé d’agir puisque depuis 2012, un programme environnemental a été mis en place. Ce qui est intéressant c’est qu’il ne propose pas uniquement de réduire son empreinte carbone basé sur les critères mentionnés ci-dessus par Brighter Planet mais aussi sur d’autres critères tels que la gestion des déchets  des passagers, le transport de de leurs fournisseurs et les ressources utilisées à bord des appareils.  Leur but est de réduire de 20% d’ici à 2020 leurs émissions de CO2 et d’augmenter leur utilisation de bio-carburant. Ils ont acheté plus de 50 avions dernier cri plus en 2012. Leur programme est détaillé ici, je le trouve très intéressant et je pense que c’est la seule compagnie aérienne ayant un programme aussi détaillé et complet couvrant tous les aspects d’une vraie politique aéronautique environnementale.

infographic airbus future of aviation

De façon surprenante, les low-costs sont parmi les plus vertes ! Mais ce ne sont pas celles qui investissent le plus dans un développement plus « écologique ». Il faut aussi tenir compte du fait que ce classement date d’il y a 4 ans et que certaines compagnies aériennes comme United Airlines ou Air France-KLM ou encore Alaska Airlines, investissent beaucoup afin d’assurer un avenir plus vert à leur entreprise et a nous voyageurs.  Cependant, il est de notre responsabilité de choisir les bonnes compagnies et d’encourager leurs initiatives écologiques. A choisir entre Delta et United par exemple, je choisirai définitivement United. Peut-être cela encouragera-t-il d’autres compagnies aériennes à se mobiliser de la même façon malgré l’absence de régulation internationale !