Les étiquettes de supermarché nous cachent bien des choses ou alors peut être ne cherchons nous simplement pas assez.

La question semble simple. Et pourtant! En allant faire mes courses la dernière fois, je me suis rendue compte que mon caddy était rempli de produits bio, ou labellisés bon traitement des animaux et oui car aux Pays-Bas, ça existe).

Le truc, c’est qu’il y a un an, mon caddy était complètement différent. J’avais confiance. Surprenant? Surtout quand on est au courant des scandales reliés à l’industrie agroalimentaire; OGMs, produits toxiques, pollution, maladies comme la vache folle ou la grippe aviaire et tous les additifs artificiels. Nous en sommes tous conscients et pourtant nous continuer à acheter encore et toujours les mêmes produits comme si l’on ne se souciait pas de notre santé. Le dernier scandale qui m’a fait réfléchir est celui de la viande de cheval. On nous avait dupé, trompé, menti, et comme de vulgaires marionnettes nous achetions nos hachis sans nous poser de questions. Du coup, j’ai commencé à m’en poser des questions et à m’informer parce que je ne voulais plus me laisser abusée par un bon marketing et de beaux emballages. Je veux savoir ce que je mets dans mon corps, comment cela a été produit et quel impact j’ai eu en tant que consommateur sur la planète.

libre de choisir

Mais bien sûr, tout cela fait partie d’une machinerie bien huilée dans laquelle multiple éléments interagissent à tel ou tel niveau de responsabilité, ce qui veut dire qu’il est tout à fait logique qu’il y ait des scandales. Certes les chefs d’entreprise, les PDG devraient en théorie se renseigner et chercher à savoir ce qui se passe dans leurs entreprises, mais sont-ils vraiment à blâmer quand on voit que nous achetons de toute façon tout et n’importe quoi sans même réfléchir à ce qui peut bien se cacher derrière les apparences. Car on a beau accuser les groupes agroalimentaires, à la fin c’est bien nous qui acceptons de nous faire berner. En effet, bien que nos tomates coûtent peu chère, il faut bien retracer leur parcours et le nombre de personnes impliquées depuis sa plantation jusqu’à ce qu’elle finisse dans notre assiette. Or combien d’entre nous se pose régulièrement la question au supermarché ? « Mmmm d’où vient cette courgette ? Quels produits a-t-on utilisé pour sa culture ? Contient-elle des traces de pesticides dangereux ? A-t-on exploité des personnes pour la produire ? Sa culture contribue-t-elle à détruire l’environnement et à tuer ? »

Et bien on devrait, bien que j’avoue que cela prend plus de temps du coup de regarder les étiquettes et d’essayer de déchiffrer ces bribes d’informations ! Du coup ça rend mon aventure supermarché encore plus intéressante. D’abord j’ai commencé par la viande. J’en étais arrivée à un stade où manger de la viande me donner presque les larmes aux yeux (tout type, cela inclut le poisson car le poisson est un animal, je dis ça pour tous les « végétariens » mangeant du poisson). Ben oui, je ne sais pas si vous êtes tombé sur des vidéos sur les élevages intensifs ou encore sur les abattoirs, mais franchement, ça me donne envie de vomir. Dites-vous qu’au moment où vous lisez cet article environ 1 minute voire un peu plus s’est écoulée, ce qui correspond à 114,000 animaux tués en abattoir dans le monde. Soit 1,900 animaux par seconde tués pour que nous les humains puissions manger plus qu’à notre faim.

Bref donc je me dis devant les rayons du supermarché, que je ne veux pas faire partie d’un système dans lequel les animaux ne sont que des machines à nourrir considéré aussi humainement que des patates.

Je défie quiconque de se mettre face à une vache, et de me dire que c’est la même chose qu’une patate.

Si l’on compare la façon dont on consomme la viande aujourd’hui, sans n’avoir aucun contact avec l’animal sans même savoir si c’est vraiment l’animal qu’on nous vend (ex. histoire des plats de hachis), on a effectivement déshumanisé tout le procède de fabrication de la viande. Pour vous dire, dans un abattoir le personnel n’a normalement pas le droit d’entrer dans la salle de tuerie pour raisons de sécurité. Une fois l’animal «tué », les employés de l’abattoir le saigne et le découpe. Je ne sais pas si vous avez vu que l’abattoir d’Ales a fermé ses portes récemment pour pratiques monstrueuses contre les animaux. Des chevaux vivants au moment de la découpe, des moutons accrochés à une patte et saignés agonisant pendant de longues minutes… Mais bon tout ça on y fait pas trop attention car nous on ne voit que les petites barquettes bien jolies avec de beau dessins de vaches souriantes ou de petites poules et poulets si heureux qu’ils en chanteraient (pub du Coq fermier) alors que ces animaux pour les 80% n’ont pas vu la lumière du jour ou ont été traité aussi bien que l’on traiterait un légume.

grocery store

Donc voilà, moi dans mon supermarché je vois tous ces beaux morceaux de viande et je ne peux m’empêcher d’avoir une vision de ce pauvre veau mal étourdi et donc souffrant le martyr suspendu a une chaîne par une patte et se battant pour sa vie qu’il a si peu et mal vécu. Et du coup ça me coupe l’appétit. Et pourtant j’aime la viande. Mais même je ne peux pas me résoudre à la consommer de cette manière. Du coup je lis les étiquettes et j’essaie de trouver des indications pour me rassurer sur le bien-être de l’animal durant sa vie et sa mort. Mais il n’y a rien, rien du tout. Du moins en France, car aux Pays-Bas, un label a été créé appelé « beter leven » ce qui signifie « meilleure vie ». Le nombre d’étoiles correspond à la qualité de vie de l’animal, s’il a vu le jour et a pu sortir et vivre et tant soit peu. Du coup je n’achète que ces produits, en moyenne 1 fois et demi plus chers. Mais le gout de la viande est bien meilleur, et on sent que l’animal n’a pas été stressé toute sa vie avant d’arriver dans nos assiettes. Et puis du coup j’achète moins de viande, ce qui tombe bien car ça me force à trouver des alternatives et à varier notre alimentation.

Au final je dépense environ 200/ 250 euros par mois.

Je fais 3 repas par jour et je mange exactement ce qui est conseillé pour les protéines/ glucides et lipides. Et je n’achète que des produits «beter leven » et des produits bio. Avant, je crois que mon panier mensuel moyen était d’environ 300 euros car je cuisinais moins et achetais plus de produits issus d’animaux. Au final je fais des économies et je me sens mieux car je sais qu’être végétarien ne changera pas la façon dont notre viande est produite mais je sais qu’en ne consommant de la viande ne provenant que d’endroits ou le bien-être animal est une priorité, un signal est envoyé aux groupe agro-industriels.

En effet, si la demande change, l’offre changera.

Le seul souci, c’est que tous les pays ne sont pas autant en avance que les Pays-Bas dans ce domaine. La dernière fois que j’ai fait mes courses en France, j’étais désespérée. Je ne pouvais rien acheter ! Aucun label en France ne garantit le bien-être animal, il n’y a rien, rien qui permet au consommateur de savoir d’où leur viande ne vient et si l’animal a été traité convenablement durant sa vie. Et ça c’est vraiment embêtant, pas seulement pour des raisons éthiques de bons traitement des animaux mais aussi pour des raisons sanitaires. Les 90% quand on achète de le viande, on ne sait pas ce que l’animal a mangé, s’il on lui a administré des antibiotiques comme c’est le cas régulièrement ou tout simplement s’il n’était pas atteint d’une maladie dont on n’a pas encore entendu parler.

En élevage intensif, les maladies se développent et se répandent très facilement. On se souvient tous de la vache folle ou encore H5N1. Et bien ces maladies n’auraient jamais existé si nos méthodes d’élevage avaient été différentes. Les animaux vivent littéralement dans leur déjections, dans des espaces si confinés qu’ils peuvent à peine se mouvoir. Les poulets ne peuvent même pas marcher tellement ils sont gavés au maïs. Les vaches développent des virus qui se répandent plus vite que dans un métro bondé à l’heure de pointe. Imaginez votre vie entière dans un wagon rempli à midi en plein été mais au lieu de durer le temps d’un trajet, imaginez que cela dure jusqu’à votre mort. Sympa non ?

Et bien voilà les conditions d’élevage de notre viande, celle que vous mangez et que vous servez à vos enfants.

Quelle solution ? Il n’y a encore une fois pas de solution miracle mais on peut privilégier l’agriculture bio ou l’élevage local et acheter au boucher ou maraîcher, demander et poser des questions, cela suffira à éveiller les consciences. « Bonjour M. le Boucher, elle est vient d’où votre viande ? Et vous connaissez cet éleveur ? Est-ce qu’il fait de l’élevage intensif ou ses vaches sont-elles en liberté ? » etc. et ces questions vous pouvez les poser. Et peut être qu’à force de les poser,  un label pourrait voir le jour tout comme aux Pays-Bas. Mais si l’on veut que les choses changent, il nous faut demander et nous renseigner, nous ne devons être curieux de ce que nous achetons et voir plus loin que le beau travail marketing de l’industrie car à la fin du compte, qu’on se soucie ou pas du bien-être animal, on se soucie tous de notre santé, suffisamment pour vouloir au moins connaitre la vérité.

Et tout ça sans mentionner les problèmes environnementaux que causent l’agriculture intensive (élevage et culture) responsable à elle seule de près du tiers des émissions de gaz à effet de serre mondiaux et responsable, ainsi que de la pollution des sols et des nappes phréatiques (donc l’eau que nous buvons) dû aux nitrates (présents dans l’urine de porc par exemple et qui provoque des maladies infantiles) et aux pesticides, et de la déforestation en Amazonie pour le soja servant principalement à nourrir les bovins et porcs et en Indonésie, pour la culture d’huile de palme notamment.

manger de la viande tuePersonnellement, j’en ai marre d’être prise pour une bille. La barquette de viande à moins d’un euro, jolie promotion Carrefour, mais ils oublient de nous montrer les images de l’animal ou de sa mort. Je ne vois pas pourquoi on nous lave le cerveau avec le danger que les cigarettes représentent en mettant des tas de photos de nos poumons noirs ou d’embryon quand on nous ment sur ce que nous mangeons et qu’on nous fait consommer des produits aussi dangereux à long terme que le tabac! Ah mais ils sont dans de jolis emballages verts et roses avec des poulets qui chantent dessus, donc c’est sans danger, voyons. Ces poulets sont sains, ils mangent correctement et ne développent pas des maladies qui n’existaient pas comme le H5N1, et surtout, on leur donne plein d’antibiotiques, pour qu’ils soient en bonne santé, même s’ils sont incapables de marcher tellement ils sont gavés et obèses.  De la viande saine somme toute, ou du moins ce que l’on croit.

Quand j’ai écrit cet article, l’étude de l’OMC sur les effets cancérogènes de la viande rouge et la charcuterie n’était pas encore parue. Prémonition?