En 2014, parmi tous les pays du monde, 10 représentaient 43% du trafic mondial de touristes et cette tendance est similaire d’année en année. Quasiment 1 touriste sur 2 visite l’un de ces 10 pays. Malgré le nombre de visiteurs qu’ils reçoivent, ces pays sont pourtant loin de mettre tous en place un tourisme soutenable et durable. Trois de ces pays sont d’ailleurs parmi les plus gros pollueurs planétaires – la Russie, la Chine et les Etats-Unis. A eux 3, ils représentent pourtant 14% du tourisme mondial et 43,7% des émissions de gaz à effet de serre.  La question qui se soulève est donc comment nous touristes pouvons-nous influencer ces pays afin qu’ils envisagent une croissance sous une forme plus durable qui nous permettrait aussi de voyager dans de meilleures conditions?

  1. France
  2. États-Unis
  3. Espagne
  4. Chine
  5. Italie
  6. Turquie
  7. Allemagne
  8. Royaume-Uni
  9. Russie
  10. Mexique

Ce classement est celui des 10 ayant le nombre de touristes le plus important transitant annuellement sur le territoire, mais quelle est le classement de ces pays lorsqu’il s’agit de pollution et d’émission de GES ? Nous voulons tous savoir ce que nous respirons/mangeons ou voyons lorsque nous voyageons, n’est-ce-pas? Le voici donc:

[accordion] [section name= »1. Les États-Unis »]

US pollution tourismLes Etats-Unis sont le premier pollueur mondial et dans cette liste. Ils sont le 16eme plus gros émetteur de GES par habitant au monde et produisent environ 15,6% du CO2 mondial. Mais bon, ce n’est pas une grosse surprise de les retrouver en tête des plus gros pollueurs. On est plus ou moins tous au courant de leurs pratiques d’agriculture très polluantes et de leur consommation de pétrole faramineuse (une famille américaine possède en moyenne 2,3 voitures).

Et qu’en est-il du fait qu’un Américain consommé 32 fois plus qu’un Kenyan ? Et qu’évidemment, ce seront les Kenyans qui souffriront les premiers du réchauffement climatique. C’est juste ça?

J’espère sincèrement que les Américains changeront rapidement leur façon de consommer et leur perception que le monde leur appartient car s’ils continuent à ce rythme, il faudra leur trouver 3 autres planètes Terre pour soutenir leur demande.

Donc la prochaine fois que vous allez aux USA, pensez à privilégier plutôt les hôtels et restaurants verts qui essaient de diminuer leur empreinte carbone. Il existe des outils en ligne qui référencent ces endroits et qui vous aideront à trouver un restaurant vert ou un hôtel écologique. Il est important que nous, touristes, promouvions un développement plus vert afin que ce gros pollueur commence à changer son économie et ses mentalités en réalisant le potentiel d’un tourisme plus soutenable.

[/section] [section name= »2. Russie »]

La Russie est le second gros pollueur de ce classement. Elle se place parmi les pays les plus émetteurs de gaz a effet de serre par habitant. Elle représente environ 5,4% des émissions de gaz à effet de serre mondiaux. J’ai un peu hésité avant de mettre la Russie en second ici car la Chine est aussi pollueuse si ce n’est plus. Mais en ne regardant que les émissions de gaz a effet de serre par habitant, la Russie mérite sa seconde place.

Les Russes représentent 10% de la population chinoise en nombre et pourtant produisent 4 fois plus de CO2 par habitant.  Il y a de très nombreux problèmes environnementaux en Russie à commencer par une très importante pollution de l’air, ou encore l’inefficacité de l’utilisation énergétique et la déforestation massive. Poutine n’est pas exactement ce qu’on pourrait appeler un environnementaliste bien que dernièrement il se soit montré très pragmatique dans sa démarche anti-énergie envers l’Europe et les Etats-Unis.

En effet, Poutine s’associant avec d’autres pays tels que le Venezuela, fait front a l’Europe et aux US contre leur gaz de schistes car cela pourrait nuire a ses propres exportations de gaz naturel. Poutine n’a jamais considéré l’environnement comme une de ses priorités et il en va de même pour le reste de la population Russe (ou du moins la plupart d’entre eux). Et malheureusement la tendance n’est pas au changement malgré la pollution et les problèmes sanitaires. Pas très surprenant finalement venant d’un pays qui considérait la bière comme une boisson non-alcoolisée jusqu’en 2013.

[/section] [section name= »3. Chine »]

La Chine est le plus gros pollueur de la planète au sens propre du terme et aussi probablement le plus pollué en concurrence avec l’Inde. Environ la moitié de sa population boit de l’eau contaminée et un bébé sur trois nait avec un défaut de naissance. Pas cool.  Si la Chine n’est pas en tête ici, c’est simplement parce c’est un pays en développement et que je considère que les Etats-Unis sont bien plus équipés pour mettre en place un développement durable.

Les politiques environnementales chinoises sont quasi-nulles. Ce que nous considérons comme de la maltraitance animale est plébiscité par la loi en Chine – par exemple il est obligatoire de tester les produits cosmétiques chinois sur les animaux alors que c’est interdit en Europe. Le gouvernement Chinois ne fait rien non plus pour résoudre le problème très sérieux de la pollution de l’air, qui n’impacte pas que les Chinois mais aussi le reste du monde, puisque nous respirons tous de l’air venant de Chine.

Dans un pays ou les manifestations publiques sont interdites, ou la cruauté animale fait partie de la routine et ou posséder est ce qui définit le Bonheur, on peut dire que l’environnement ne sera pas en priorité du développement du pays avant un petit moment. Dans le pays le plus matérialiste du monde, le terme écologie ne fait pas partie du dictionnaire.

[/section] [section name= »4. L’Allemagne »]

L’Allemagne émet environ 2,1% des GES mondiaux et cela en fait le 7eme plus gros émetteur de gaz à effet de serre. Moi qui pensais que l’Allemagne prônait le développement durable, j’ai été assez surprise. Il semble que l’efficacité de leur politique environnementale ne soit pas encore perceptible.

Les Allemands adoptent la même attitude que la plupart des Européens se sentant finalement peu concernés par le changement climatique et les problèmes qu’il cause, malgré les inondations, les vagues de chaleur ou les feux sauvages se produisant depuis quelques temps en Europe. Soixante-six pourcent des Allemands boivent de l’eau en bouteille de manière régulière par exemple et “non seulement ils ne ressentent aucun remord mais ils seraient aussi probablement les premiers à dire qu’ils ne changeront pas leur habitudes»  et ce malgré le score très faible qu’ils ont obtenu sur Greendex

« Nous vivons dans un monde d’abondance »  explique la chercheuse au NGS Susan Frazier en parlant de l’attitude des pays industrialisés, « et bien que cela semble offensant, on ne s’en inquiète pas trop »

[/section] [section name= »5. Le Royaume-Uni « ]

Le Royaume-Uni est le second plus gros émetteur de GES d’Europe. Ils polluent encore plus que l’Inde quand il s’agit d’émissions de CO2 par tête. LE Royaume Uni, 7e pays le plus visité au monde est aussi un des plus gros pollueurs du monde. Les anglais semble de surcroit relativement hésitants à admettre le lien entre les activités humaines et le réchauffement climatique at tout comme les Allemands, ils ont peu de remords par rapport à leur position dans le classement mondial des pays les plus émetteurs de GES. En effet, d’après un sondage, seuls 18% des britanniques sont vraiment inquiets du changement climatique.

[/section] [section name= »6. L’Italie »]

Le pays des pizzas, des pâtes et du Prosecco entre en 6e place du classement. Produisant 1,2% des GES mondialement émis, un italien émet plus de CO2 qu’un Indien ou un Brésilien. Surprenant pour un pays dont le tourisme représente 10% du PIB, pourtant le tourisme durable ne semble pas encore faire partie de leurs priorités. La pollution de l’air est un problème assez important en Italie, donc soyez préparez pour un bon festin de particules fines !

Cependant, si vous voulez découvrir l’Italie et sa bonne cuisine de façon plus responsable, vous pouvez chercher des programmes d’écotourisme. Il y a plusieurs agences proposant des éco-tours dans différentes régions du pays.

[/section] [section name= »7. La France »]

Mon cher pays,  la première destination touristique mondiale, est loin d’être le plus environnementaliste. Etant le premier producteur d’énergie nucléaire mondial, il semble normal que les émissions de GES reste modéré par rapport aux autres pays. Et pourtant ! La France produit à elle seule 1,2% des GES mondiaux. Les Français sont loin d’avoir l’écologie et le réchauffement climatique en tête, trop occupés à faire la grève ou à blâmer le voisin pour les conséquences de leurs propres actions. En tant que première destination touristique au monde presque chaque année,  recevant 7,4% du trafic touristique mondial, je m’attendrais à ce que le gouvernement développe beaucoup plus d’initiatives de développement durable. Et pourtant ceci n’est pas le cas mais ceci dit, il est possible de voyager en France de façon responsable et plus verte, en privilégiant les produits locaux, en utilisant les transports en commun et en choisissant des tours avec des agence telles que France Éco-tours ou autres agences d’écotourisme.  Le bon point cependant c’est que le secteur de l’écotourisme semble tout de même se développer par le biais d’initiatives locales.

[/section] [section name= »8. L’Espagne »]

madrid pollution

L’Espagne apparait comme relativement verte a cote de ses voisins. Elle est à la 73e place des émissions de CO2 par personne et produise environ 0,8% du CO2 mondial. Mais les espagnols pourraient faire encore mieux mais le pays traverse une crise économique importante depuis plusieurs années ce qui pourrait expliquer la difficulté à mettre en place de nouvelles politiques vertes. Malgré cela, les espagnols sont très conscients du changement climatique et seraient même prêts à payer plus de taxes si cela pouvait prévenir le réchauffement climatique. Si seulement tout le monde pouvait penser la même chose !

Ainsi la prochaine fois que vous allez en Espagne, pensez à l’écotourisme, il y a de nombreuses agences proposant une multitude d’activités différentes et cela vous permettra de découvrir la culture espagnole et leur délicieuse cuisine de façon bien plus bénéfique pour les espagnols et la planète J

[/section] [section name= »9. La Turquie »]

Je ne savais pas que la Turquie était une destination si populaire.  Le fait que ce pays représente 3,5 % du tourisme mondial annuel m’a beaucoup surpris. LA Turquie a débuté assez tôt ses démarches de tourisme durable ; travaillant depuis 2002 avec WWF et autres ONG. Pour citer le premier ministre turc Recep Tayyip ERDOGAN : « Mis à part la prévention des conflits et des guerres en cours, et l’établissement de la paix, la Turquie attache une importance équivalente au développement durable, à la distribution équitable, à la solidarité et particulièrement à l’alliance des civilisations et croit de tout son cœur qu’un monde différent peut être construit avec la foi dans la richesse des différences ». Le pays déclare par la suite qu’ils sont déterminés à utiliser toutes les opportunités afin d’accroitre la part d’énergies renouvelables et domestiques dans leur approvisionnement énergétique, d’améliorer l’efficacité de la production ; énergétique et le processus de consommation et de procéder a une transition vers la production de technologies propres en investissant plus en R&D. Pourtant a cote de ces jolis discours, la Turquie est en passe de devenir le plus gros producteur de charbon au monde. Alors M. ERDOGAN, elle est où votre transition verte ?

Dans tous les cas, si vous voyagez en Turquie et que vous voulez privilégier le tourisme vert, vous pouvez essayer de vous informer auprès de différentes agences, demandez un guide ou réservez u éco-tour pour explorer les magnifiques paysages de la Turquie.

[/section] [section name= »10. Le Mexique « ]

Le Mexique est le pays polluant le moins par habitant et globalement de cette liste, égalant la Turquie par rapport à leurs émissions de CO2 mondiales mais faisant mieux en ce qui concerne les émissions de CO2 par tête.  Je suis moi-même une grande fan de ce pays mais je pense qu’ils ont des efforts encore très importants à faire avant de pouvoir se dire « verts » . Malgré cela, même dans les campagnes isolées mexicaines, les gens sont conscients de la réalité du changement climatique et du réchauffement planétaire, souffrant eux-mêmes de ses conséquences. Le principal problème est la corruption et le gouvernement ne soutient pas vraiment les communautés locales pour garder les endroits propres, ou pour éviter la déforestation. Quand nous étions dans le Chiapas, des parties entières de forets étaient brulées afin de créer des champs de maïs. Donc si vous allez au Mexique, privilégiez les endroits qui tentent de préserver la biodiversité et qui développent des projets de tourisme durable au lieu de vous rendre dans ces énormes chaines d’hôtels qui se sont construites grâce à des pots de vins.

Nous discutions avec des locaux et nombreux sont ceux qui nous ont parlé de cette corruption pour obtenir des permis de construire, ce qui est dramatique pour l’environnement car ces hôtels sont souvent placés a des endroits dont l’écosystème est fragile, comme le long des côtes de Cancun et Playa del Carmen. Cela détruit les coraux à petit feu car les affluents du continent ne leur parviennent plus, bloqués par ces lignes de bétons côtières. Je vous recommande fortement de vérifier la politique environnementale de votre hôtel lorsque vous vous rendez au Mexique.

Des initiatives d’écotourisme commencent à voir le jour et certaines agences offrent de bons conseils et des tours qui pourront satisfaire tous les portemonnaies et types de voyageur. Il existe aussi des éco-hôtels fabuleux qui n’ont rien à envier aux hôtels industriels de Cancun.

[/section][/accordion]

Ainsi ce n’est pas parce qu’un pays est très touristique qu’il fait plus d’efforts pour promouvoir le développement durable et bizarrement les plus gros pollueurs sont ceux qui s’en soucient le moins  C’est donc notre rôle de choisir avec soin l’endroit où nous voulons passer nos vacances afin d’encourager/ décourager les pratiques non soutenables de tourisme. Nous sommes peut-être des portemonnaies quand nous voyageons, mais ce portemonnaie plus un autre et un autre peuvent  faire une différence